Tristĭtãs
Lorsque j’aurai oublié la couleur de tes yeux
Qu’ils se faneront dans mon souvenir, l’adieu
Que me restera-t-il, alors O vous tous, Dieux ?
Un chemin, l’infini, ou seulement le néant, mais…
Si la nuit ne finit jamais, oui au grand jamais ?
Lorsque je ne saurais plus quel était le son
Quel son pouvait avoir de redire ton prénom
Que me restera-t-il, alors O vous tous, odieux ?
De ma vie, si petite, si perfide et de mes cris,
Ne sortira rien d’autre qu’un dernier ennui ?
Ou juste moi, peut-être oui…
Juste moi.
Lorsque mes nuits seront froides, isolées,
Moi, depuis toujours la solitaire oubliée
Que me restera-t-il, alors O vous tous, Dieux ?
Une envie, un déni ou oserai-je plus encore
Te voir une fois, juste une, lier nos deux corps ?
Lorsque de tous mes jours, toi, loin, tu seras loin
Et de moi, nul alors oui de moi tu n’auras nul besoin
Que me restera-t-il, alors O vous tous, hideux ?
Qu’un lambeau de chair putride qui tombe à terre
Ou qu’une infime brume enveloppant mon cœur ?
Et mon corps froid, inerte, las !
Oui mon corps si froid.
Que me restera-t-il ? Qu’adviendra-t-il de moi?
De mon âme, ma pauvre âme, tous mes émois ?
Seule, abandonnée, enfin seule et loin de tous !
Pour quoi, pour qui, alors que tout me repousse
De tous ces jours, quoi en faire, quoi en dire ?
Laisser traîner et m’enfermer, tout approfondir !
De tout cela, de tout, de nous deux, plus rien
Peut-être pourrai-je continuer sur cet ultime chemin ?
Peut-être que tout ira bien ?
Peut-être que j’irai bien ?