Tristĭtãs

Publié le par Catherine Flusin-Gerber

Lorsque j’aurai oublié la couleur de tes yeux

Qu’ils se faneront dans mon souvenir, l’adieu

Que me restera-t-il, alors O vous tous, Dieux ?
Un chemin, l’infini, ou seulement le néant, mais…

Si la nuit ne finit jamais, oui au grand jamais ?

Lorsque je ne saurais plus quel était le son

Quel son pouvait avoir de redire ton prénom

Que me restera-t-il, alors O vous tous, odieux ?

De ma vie, si petite, si perfide et de mes cris,

Ne sortira rien d’autre qu’un dernier ennui ?

Ou juste moi, peut-être oui…

Juste moi.

Lorsque mes nuits seront froides, isolées,

Moi, depuis toujours la solitaire oubliée

Que me restera-t-il, alors O vous tous, Dieux ?

Une envie, un déni ou oserai-je plus encore

Te voir une fois, juste une, lier nos deux corps ?

Lorsque de tous mes jours, toi, loin, tu seras loin

Et de moi, nul alors oui de moi tu n’auras nul besoin

Que me restera-t-il, alors O vous tous, hideux ?

Qu’un lambeau de chair putride qui tombe à terre

Ou qu’une infime brume enveloppant mon cœur ?

Et mon corps froid, inerte, las !

Oui mon corps si froid.

Que me restera-t-il ? Qu’adviendra-t-il de moi?

De mon âme, ma pauvre âme, tous mes émois ?

Seule, abandonnée, enfin seule et loin de tous !

Pour quoi, pour qui, alors que tout me repousse

De tous ces jours, quoi en faire, quoi en dire ?

Laisser traîner et m’enfermer, tout approfondir !

De tout cela, de tout, de nous deux, plus rien

Peut-être pourrai-je continuer sur cet ultime chemin ?

Peut-être que tout ira bien ?

Peut-être que j’irai bien ?

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Publié dans poèmes

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